13/10/2007
L'imagination
La différence entre l'humain "ordinaire" et l'artiste (quel qu'il soit: peintre, écrivain, musicien ou autre), c'est l'imagination. Sans imagination on peut être un bon technicien si on est doué pour le dessin/écriture/musique/etc... , mais on ne sera pas un artiste.
Cependant comme dans tout, il y a des degrés dans la capacité d'imagination. Les "grands" en ont une puissante, foisonnante, toujours renouvellée. Et puis il y a des gens qui ont un petit bout d'imagination, pas vilain, mais pas suffisant pour en faire un "grand". Elle leur permet seulement de bien s'amuser et quelquefois de faire plaisir à d'autres personnes.
Je me classe personnellement dans cette catégorie.
Depuis toujours, aussi loin que remontent mes premiers souvenirs, j'imagine. Des histoires pour m'endormir d'abord. Ayant été toujours plus ou moins insomniaque, j'avais besoin de ça pour me faciliter le passage de la veille au sommeil. Et puis quand une histoire me plaisait particulièrement, je continuais dans la journée au moment où mon esprit était libre. Ce qui faisait de moi quelqu'un à la distraction légendaire (toujours dans la lune, vous connaissez?).
Mon imagination s'exerçait aussi sur les petits dessins que je faisais à tous moments. Ca c'était plus visible déjà.
Et voila, je suis toujours quelqu'un qui a un peu d'imagination, mais je m'en sers beaucoup moins. D'abord, pendant le début de ma relation amoureuse, je n'ai plus ressenti la nécessité de me raconter des histoires. Et puis, je n'ai plus eu le temps de dessiner.
C'est toujours le cas pour le dessin, mais les histoires sont revenues le soir au coucher. Elles n'ont pas grand temps de se développer parce que je m'endors beaucoup plus rapidement.
J'espère seulement que mon petit bout d'imagination ne va pas complètement disparaitre faute de s'exercer , comme un muscle fond quand on ne le fait pas travailler.
13:30 Publié dans Imaginaire | Lien permanent | Commentaires (8)
11/10/2007
Il y a un an
Une fois n'est pas coûtume, je publie ici la même note que dans mon autre blog. L'évènement ayant son importance.
Il a un an, je venais, comme chaque jour depuis un peu plus d’une semaine, te voir à la clinique. Je n’avais aucun pressentiment, j’étais juste contente de venir te voir, les horaires de visite étant plutôt courts.
Quand je suis arrivée, trois quarts d’heure avant l’heure normale des visites, je t’ai trouvé râlant, les yeux vitreux, respirant difficilement. J’ai vu tout de suite que ça n’allait pas et j’ai appelé à l’aide. Personne ne s’était encore rendu compte de ton état.
Je ne veux pas revenir sur l’incurie des « soignant », je parlerais juste du dernier petit moment que nous avons passé ensemble, ces quelques minutes que j’ai vécu avec toi, tes dernières minutes.
Je ne t’ai pas parlé pendant ces minutes. Je l’aurai dû peut-être, je ne sais pas. Te dire que je t’aimais par exemple. Je ne savais pas si tu étais encore conscient, si tu savais que j’étais là, si tu m’entendais. Je suis juste restée là, avec toi, à te caresser les cheveux, à te tenir la main, comme je pouvais car tu avais des tuyaux de partout et c’était pas facile de t’approcher.
Je regardais aussi et j’écoutais le battement de ton cœur relayé par la machine. Il battait très vite quand je suis arrivée et encore quand les infirmiers m’ont laissé avec toi. Puis il a commencé à ralentir. Lentement, inexorablement. Il est passé de 130 pulsations secondes à 80 qui était ton rythme normal. Puis il a continué à descendre. Quand il est descendu en dessous des 60 pulsations seconde, j’ai compris que tu vivais tes dernières minutes.
Je ne pleurais pas, pas encore. Je voulais surtout être avec toi, te soutenir, te toucher jusqu’au dernier moment.
Ces quelques minutes me sont infiniment précieuses. Je suis contente de les avoir vécu, d’avoir été là avec toi. Cela aurait été terrible pour moi d’arriver ce jour là et de te trouver déjà mort. Ce qui aurait pu arriver si je n’avais été en avance. Tu es mort à 15 heures, l’heure où les visites sont permises dans ce service.
Non, je ne t’ai pas dit que je t’aimais à ce moment là, mais, si tu sentais, ressentais encore quelque chose, je pense que tu as dû le sentir. J’espère te l’avoir transmis par tous mes gestes et t’avoir facilité un petit peu le passage.
Après, j’ai pleuré. Et puis j’ai eu une pudeur idiote que je regrette maintenant. Je n’ai pas osé demander à l’aide soignante une paire de ciseau pour couper une petite mèche de tes cheveux.
Garder un petit bout de toi. Un petit bout physique s’entend. Parce que des bouts de toi, j’en ais plein en moi et ils resteront là toute ma vie.
06:44 Publié dans Moi, ma vie, mais pas mon oeuvre | Lien permanent | Commentaires (5)


