Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/01/2009

Certitude

Je déteste tellement les gens plein de certitudes. J'aime beaucoup cette chanson d'Anne Sylvestre.

 

J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons...

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n'avoir pas su dire
Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons...

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Les daltoniens de l'âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons...

J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes aux printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercient
Qu'on leur dise, on leur crie
Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu...

Anne Sylvestre, 1977


Découvrez Anne Sylvestre

25/01/2009

Salle de classe

Il y a quelques jours je me suis rendu compte tout à coup que ma chambre ressemble à une salle de classe. C'est totalement involontaire, mais comme je dois la refaire, je pense que je vais accentuer ce côté là et rendre cette décoration volontaire.

Outre le lit et les chevets qui ont tout d'un lit et de chevets très classiques, le reste de l'ameublement et de la décoration sur les murs évoque sans conteste une salle de classe de primaire. Sans le faire exprès, j'y ais rajouté dernièrement une touche qui m'en a fait prendre soudain conscience.

En effet, ma fille a une de ces mappemondes éclairée de l'intérieur et elle ne voulait plus la garder chez elle. Ca faisait parti des objets qui devaient aller rejoindre la cave: "objet dont on ne se sert plus, mais que l'on veut conserver". Comme j'aime bien ce genre d'objet, je me suis dit que j'allais remplacer une de mes lampes de chevet par cette mappemonde.

Du coup, l'autre soir, regardant ma chambre, j'y ais vu: cette mappemonde, une carte du monde affichée sur un mur, une affiche des dinosaures trouvés en France affichée sur l'autre, un dessin d'enfant de ma fille sur un troisième et des bibliothéques partout. Ca m'a fait rire et je me suis dit que j'allais continuer sur cette lancée.

J'ai la nette nostalgie de mes années d'école. J'ai beaucoup aimé cette période du primaire à la terminale (les quelques souvenirs que j'ai de la maternelle ne sont pas très positifs) ainsi que mes années de Beaux-Arts. J'aime apprendre et le statut d'élève, dans ma vie, est celui que j'ai préféré. Quand j'ai repris quelques mois de formation entre 1999 et 2000, je me suis également régalée de me retrouver dans cette situation.

Et si je reprenais des études?

 

22/01/2009

Une vie

Il y a des gens qui vivent une vie de souffrance et de misère de leur naissance à leur mort. Quand on regarde ces vies, on se pose la question: mais pourquoi? Ca semble tellement absurde, injuste.

Une vie à raconter, une courte vie, mais une vie pas comme les autres et qui commence déjà mal.

Une petite fille qui va naitre. Elle n'a pas de chance dès le départ. Elle est la xième fille d'un couple d'origine marocaine, vivant en France. Encore une fille, pas de garçon, toujours des filles. Le couple décide de ne pas la garder. Que feraient-ils d'une fille de plus, ils en ont déjà trop et ils veulent un garçon.

Mais dans l'entourage de ce couple, une femme n'accepte pas cette décision. C'est la belle-soeur. Elle est mariée au frère de la femme qui est enceinte de la fillette. Par une entourloupe admistrative, la famille parvient à faire croire que l'enfant est d'elle et elle se retrouve officiellement mère de cette fillette. Jusqu'au dernier moment, celui où elle est partie avec l'enfant dans ses bras, elle a essayé de convaincre les parents de garder leur enfant.

Elle élève donc cette petite fille comme sa propre fille avec ses deux garçons, les cousins qui deviennent ainsi les frères. Elle l'aime comme sa fille. La fillette sait dès le départ ce qu'il en est: qui est sa mère biologique, ses "vraies" soeurs, son "vrai" père. Elle les fréquente d'ailleurs assez souvent. C'est une situation un peu inhabituelle, mais les enfants ont une grande souplesse intellectuelle et elle accepte sa particularité sans problèmes.

Puis lorsqu'elle a 13 ans, sa famille biologique décide "d'attaquer" la mère adoptive (qui entre temps a divorcé du frère, son mari) en justice pour récupérer l'enfant. Après un bras de fer judiciaire, la justice décide que la famille biologique prend le pas sur celle qui a élevée l'enfant. Elle lui est retirée. Pire, ses parents bilogiques lui interdisent désormais de voir sa mère adoptive, celle qui a été sa mère pendant tant de temps, les années les plus essentielles pour un enfant.

Pendant plus d'un an, elles ne pourront se voir. Puis l'adolescente qui a maintenant 15 ans s'échappe par moment, sèche les cours par exemple pour aller voir sa "mère". Elle fera ça pendant deux ans.

Quand elle a 16 ans, sa "famille" décide de l'envoyer au Maroc pour la marier dans la tradition. Mais la jeune fille a été élevée avec une mère qui n'est pas d'origine marocaine et qui ne lui a pas inculqué la soumission. Elle parvient à convaincre ses parents de la laisser poursuivre ses études en France. La voila dans une classe qui va former des futurs ingénieurs et où elle est la seule fille.

Finalement, on se dit qu'elle va s'en sortir. Qu'elle a fait la nique à la mauvaise étoile qui a veillé sur sa naissance non désirée.

Et bien non, la mauvaise étoile aura le dernier mot. Hier matin, alors qu'elle se rendait à son école, elle est renversée par un chauffard qui ne s'est pas arrêté, qui n'a même pas freiné. Elle est morte des suites de ses blessures. A 17 ans.

 

16/01/2009

Histoires extraordinaires de la ménagère de plus de 50 ans

Si j'aime bien râler quand il y a matière, j'aime bien aussi le dire quand quelque chose tient ses promesses. Voici donc cette histoire fort peu palpitante, mais enfin tout le monde ne peut pas vivre du Jules Verne tous les jours.

Il y a quelques semaines, je veux acheter mon habituel détartrant WC. Marque de super marché. Sauf s'il y a vraiment une différence de qualité, je n'achète en général pas de produits de marque. Le moins cher si c'est possible, sinon, la marque du super marché, qui est souvent de qualité équivalente aux "grandes marques" pour quelques picaillons de moins.
Crotte! Celui que je prends habituellement n'y est pas (parfum agrumes). J'en prends un autre sans trop faire gaffe à ce qui est écrit dessus, la marque du super marché aussi, mais pas le mm produit.

Or mes WC datent de la construction de l'immeuble et n'ont pas été très bien entretenus par les propriétaires précédents. Depuis des années, je me bats contre le tartre incrusté par plusieurs générations de négligents, sans avoir vraiment réussi à gagner. Il reste sur un côté au fond de la cuvette une trace de tartre que je n'ai pas encore réussi à enlever malgré pas mal d'essais divers (dont un avec de l'acide chlorhydrique pure).

Ce soir là, je mets mon produit tout nouvellement acheté. Une demi heure plus tard, lorsque je vais passer ma brossette, mes yeux n'en croient pas eux mêmes.
La vilaine trace de tartre qui me nargue depuis si longtemps a disparu. Je me frotte les yeux et regarde à nouveau.
"C'pas possible me dis-je, ou j'hallucine ou tout simplement le produit a eu un effet "javel" et a décoloré le tartre, mais il est toujours là."
Cependant, ma brosse glisse sur le fond de la cuvette sans accrocher un peu comme d'habitude. Donc c'est bien vrai. Ce que j'essaye de faire depuis 14 ans que je suis dans cet appartement, j'ai enfin réussi, grâce à ce produit miracle.
Je prends la bouteille et lis ce qui est écrit dessus. "Détruit le tartre incrusté" annonce-t-il sans emphase particulière.
Pour un peu je sauterais de joie en criant "youpi!" ou j'embrasserais le froid plastique de couleur rose/violet.

Quelques jours plus tard, j'ai une illumination en me disant: "Ce que ce produit a pu faire dans mes WC, pourquoi ne pourrait-il pas le faire aussi dans ma baignoire, également d'origine et également très entartrée?"

Pour tout vous dire, je contemple depuis ma baignoire étincelante avec un brin d'émotion. J'ai l'impression d'en avoir changé tellement elle est belle et bien blanche et bien propre.

Je ne l'ai pas encore fait, mais je ne vais pas tarder à m'attaquer à mon évier, armée de ma bouteille. "Pschitt! Pschitt! Crève sale tartre incrusté!"

11/01/2009

Travian c'est fini

Avec une 30 aine de membres du forum Aquagora (forum aquariophile) il y a un an le 9 janvier 2008, nous sommes partis sur une aventure de fous: jouer un serveur travian. Cette aventure s'est terminée hier le 9 janvier 2009, un an exactement après son début.

Je vous mets ici deux textes que j'ai fait qui résument cette aventure. Ces deux textes ont été publiés sur le forum officiel de travian. Le premier parle de notre alliance, les AAA (Alliance AquAgorienne), le deuxième est un role play sur la fin de l'aventure.

 

Quand nous avons commencé ce serveur, à part spatuloricaria (fmagnier sur aquagora) et le fou qui nous a entrainé dans cette aventure, nous étions tous des noobs et les débuts ont été forcément laborieux.
Nous sommes partis comme une bande de joyeux drilles, totalement inconscients de ce qui nous attendait, mettant un pied devant l'autre sans nous poser de questions (enfin si, mais pas sur la pertinence de jouer à ce jeu addictif) et pensant à tout moment que nous allions nous faire dégommer de la carte par les vilains méchants qui nous entouraient et qui étaient tous plus forts et surtout plus expérimentés que nous.

Notre point fort a été, dès le départ, ce ciment en béton (heu bizarre comme formulation, non?) qui nous unissait et ce grain de folie aussi.

Notre stratégie du bastion (nous sommes allés établir nos villages dans un lieu un peu éloigné et nous nous sommes regroupés) a été payante dans le sens où nous avons ainsi pu faire nos armes sans être directement sous le feu des joueurs expérimentés du centre.

Notre alliance restait plutôt informelle, sans véritable "chef" ou dirigeants. Ca fonctionnait cependant très bien, mais seulement parce que c'était le début du serveur.

Puis les choses se sont accélérées avec la fusion avec l'alliance M-B. Nous sommes entrés en guerre dans la foulée, puis nous avons reprit notre indépendance, mais cette fusion nous avait profondément changé.

L'alliance AAA qui est sortie de la fusion n'était plus la même que l'alliance AAA qui y était entrée. Nous avions grandi entre temps et compris qu'il nous fallait un lieu à nous déjà (et non plus squatter le forum aquagora, même si c'était sympa de se retrouver là bas) et surtout une "tête". Quelques personnalités s'étaient affirmées au cours de ces premiers mois, elles se sont tout naturellement retrouvées dans le conseil.
Nous avons alors fonctionné de façon beaucoup plus classique pour une alliance de travian, mais il est resté quand même notre spécificité qui, elle, n'a pas disparu.

Je passe rapidement sur la guerre avec les Alsaces. Cette alliance était de la même force que nous, mais il leur manquait notre cohésion et notre "gniacke".

Puis il y a eu l'approche de l'arrivée des Merveilles et le manque de fun du serveur qui s'endormait et nous avons fait une coalition d'abord plus ou moins secrète, puis officielle avec d'autres alliances, qui, comme nous, avaient envie de faire bouger tout ça. La course à la Merveille n'était pas prévue dans le lot, pas du tout même. La bataille a été belle, nous avons fait plier des alliances qui semblaient des rocs imprenables.

Ce n'est que quasiment au moment de l'arrivée des Natars que nous avons décidé en 24h de prendre des villages Natars et notre but n'était pas de les monter, mais de faire en sorte que les skysos and co ne les aient pas. Puis nous nous sommes pris au jeu de monter les Merveilles sans oublier notre objectif premier, continuer à mettre le feu dans notre secteur.

Maintenant, que nous ne gagnions pas en arrivant au niveau 100 de la Merveille n'a que peu d'importance. Il est déjà tout à fait extraordinaire que des noobs totaux comme nous l'étions, en soient arrivés à la fin du serveur, à devenir une alliance qui compte dans une coalition qui compte et sans perdre notre âme.

Au passage nous avons rencontré d'autres alliances avec des personnalités extraordinaires et attachantes. Le bilan est plus que positif, il va même largement au delà de ce que nous avions prévu (survivre).

Les petits poissons sont devenus grands.

 

Tous les valeureux soldats étaient réunis et attendaient la nouvelle, LA nouvelle. Celle qui, portée par les camarades envoyés pour une ultime mission, nous apprendrait si oui ou non nous serions arrivés à mettre à terre l'adversaire. Ces hommes courageux allaient traverser les troupes ennemies pour rendre compte de l’avancée de l’énorme bâtisse qui scellerait leur destin.

L’ambiance était étrange. Gaie et triste à la fois. Pleine de joie, celle d’être ensemble et de regret, celui de n’avoir peut-être pas réussi à gagner l’aventure. Il y avait dans les yeux autant d’étonnement d’en être arrivé là que de fierté de faire partie de ce regroupement improbable de tant de personnalités fortes.

Les boissons coulaient à flot et la nourriture délicate était engloutie dans les gorges affamées. Guerrières et guerriers s’interpellaient d’un bout à l’autre de l’immense salle aux peintures loufoques. Les rires fusaient, les plaisanteries volaient de bouche en bouche, reprises, embellies, détournées pour la plus grande joie de toutes et tous.
Les soldats blessés et épuisés se reposaient entre les miches des plus jolies filles de la Cité. Les merveilleux quant à eux, pouvaient enfin se prélasser langoureusement dans l'eau chaude des bains à remous. Repos bien mérité, la compagnie des filles de joie, nous l'espérions, allait remonter le moral de Jupiter, Aither, She et Billy, qui, malgré leur bonne humeur, on le savait, étaient quelque peu déçus du destin de leurs bâtiments aux allures phalliques.

- C'est quand même bien fait la vie, A comme Aither... Je pense qu' inconsciemment vous me désiriez à vos côtés.
- Ferme-là Diego, souffla le She.
- Ah ben c'est sur que toi, on peut pas te reprocher tes excès de communication !
- La diarrhée verbale s'exclama Fugu, c'pas donné à tout l'monde !
Et tous se mirent à rire, même Ingvar !
Chacun évoquait une anecdote vécue, un ami, une amie qu’il avait découvert au cours de ces longs mois de campagne, un ennemi qui avait été brave ou au contraire méprisable.

De ces derniers ont admirait le courage ou on fustigeait la couardise ou le manque de fair play. On parlait des ami(e)s qu‘on allait bientôt quitter avec quelques larmes dans la voix.

Mais la pudeur des sentiments dominait les cœurs et on recommençait à plaisanter pour ne pas que les larmes coulent.

- Hey vous vous souv'nez d'Rancucu parti 24 heures à l'avance sur la capitale d'l'aut' romain couronné ? Il avait même embarqué dans sa conn'rie Gougou et la fée !? Faut l'faire ! lança un Patch hilare au minois rosi d'avoir trop bu.
- Et et et aussi quand on s'est tous invité au banquet soi disant secret des Roses des vents! On a bien rigolé !
-Oui Rancunier, répondit Spatu d'un air moqueur, mais après hein ! Qui a t'on vu débouler au notre ? La sécurité de nos jours c'est plus c'que c'était ! J'ai viré Roger d'ailleurs.
- Hips, dommage qu'on ait pas terminé hips not' taf d'éradication hips de ces zigottos hips (glouglouglou) moi j'dis, vive les femmes et vive l'alcool ! A mort hips la société hips .... (glouglouglou)
- Regarde moi dans les yeux Ouchi, mes nénés s'en tapent de c'que tu racontes, lui suggéra Epona.
Et Bragg, égal à lui même :
- A la tienne Ouchi Minou ! Buvons!


Tandis qu'ailleurs....

"Vouz-allez-fermer-vos-gueules-non-de-d’la !" chuchota Rem, l’épée pointée vers l’avant.

Derrière lui ses camarades se bousculaient, à moitié ivres. Eux aussi avaient fêté dignement ce dernier combat, le combat de la dernière chance … Ils l'avaient fêté avant, c’était plus sûr. Et plus d’un cavalier ronflait sur sa monture, tandis que les piétons dormaient en marchant, s’emmêlant parfois les pinceaux dans leur lance ou leur bouclier et jurant à mi-voix sans cesser de dormir.

Du haut du rempart, les troupes ennemies aussi étaient cuites. Mais c’était parce que la victoire était à leur portée. Plus que quelques mètres pour finir la grande bâtisse.

L’assaut fut … ridicule.
Les soldats ivres tombaient dans les fossés, ceux qui parvenaient au mur s’y éclataient, incapables d’estimer les distances, et se rendormaient aussitôt, des rêves vertigineux plein la tête. Les quelques béliers apportés faisaient « poc » « poc » sans conviction sur la terre tassée et si solide ("p*** de £µ¤¨* de mur germain à la ~@%" pouvait-on entendre entre deux hoquets). Les catapultes tirèrent, mais les cailloux rebondissaient sur la muraille du bâtiment sans l’entamer.

Un hurlement retentit ! Ils avaient gagné !
L’ennemi avait gagné ! En haut des remparts, c’était la liesse et la soldatesque jetait sur les malheureux assaillants tout ce qu’ils avaient sous la main : pot de chambre, chaussures usagées, trognons de pommes, carcasses de poulets, litrons (vides quelle horreur !), slips sales, etc.

- Ben merde, fit le soldat Badboy's, ya plus qu’à rentrer et leur dire ça maintenant.

Un concert de gémissements lui répondit :

- Qu’on me tue plutôt, je pourrais jamais refaire toute cette route dans l’autre sens, soupira Onskalme.
- M’en fous, moi, chuis mort ! déclara Tortanche.
- Ah, enfin, on va pouvoir tirer un coup, parce que ça presse, là, ça fait … combien de temps déjà que je n’ai pas … , exprima Morelcyr.
- A boire d’abord !
- T’as assez bu, pochard, c’est ta faute si…
- Taisez vous, va falloir affronter Tinker Bell maintenant !

Les gémissements redoublèrent !

- Oh, non pas elle !
- O mon Dieu, je vous ai dit de me tuer !
- Et si je la baise, vous croyez que…
- Ta gueule, t’auras de la chance si tu gardes tes bijoux intacts
- Hé, les gars, si on se tirait sur Ogame … quoi j’ai dit une connerie ? C'était le soldat Tue-Mouche, Drosokiller pour les intimes et il y avait une lueur d'amusement dans son seul oeil valide.

Le retour fut … en fait pas pire que l’aller. Ca aurait été difficile de faire pire.

***

Discrètement la tenture de cuir se releva et le messager se glissa dans la salle. A peine descendu de cheval, il haletait encore, après une longue et fatigante course. Les premiers à le voir comprirent que tout était accompli. Son visage couturé, qui n’exprimait jamais grand-chose, était à ce point habité par la défaite qu’on ne pouvait s’y tromper.
Le silence s’établit lentement dans la salle, par vague successive. Personne ne parlait plus, tout le monde avait compris.

Le terrible Inquis poussa un rugissement de colère que Bragg en tomba son verre. En un instant la troupe se dispersa et il ne resta sur le sol qu’une caliga fatiguée et un bouclier cabossé.

Alors Eléa, la guerrière s’écria en levant son glaive :
« On s’est bien battu, on s’est amusé, notre vraie victoire elle est là ! »

Nico16 sauta à son tour sur la table et se mit à clamer son plaisir d’avoir vécu cette aventure avec tous ceux qui étaient là :
« Oui ! Amies, amis, cria-t-il, buvons à nous ! »

Aussitôt tout le monde se mit à crier, sauter et danser en même temps. On se tapait sur l’épaule, on s’embrassait, on choquait son verre et on le buvait cul sec.

Une voix pas très forte, mais pleine de conviction perça un instant :
«Dites donc, c’est bien la fin n’est ce pas ? N’avions nous pas dit que nous n’avions qu’un seul objectif : la fin pour se faire la plus grande partouze travianesque du siècle. »

Il y eut un bref silence. Tout le monde s’était tourné vers le guerrier qui avait dit ça, Mightox. Gêné il ajouta : « Moi c’que j’en dit… ».

- Il a raison, cria Naiar ! Et la fière guerrière lança en l’air sa côte de maille révélant un torse appétissant.
- Oh que oui hurla Uma la coquine. On en a bien besoin après tout ces efforts ! Encore heureux qu'on ait pas perdu la boule !
- Oui allez ! On baise ! approuva Wellhan.
(Vous ne pouvez pas le voir, mais beaucoup se retournèrent et crurent qu'il était ensorcelé ! Ce doux Wellhan, si discret et toujours censé ! Diable on ne le savait pas comme ça ! )
Et comme ils avaient été valeureux au combat, ils le furent aussi tout au long de cette nuit de liesse qui fêtait non leur défaite apparente, mais leur réelle victoire : avoir réussi à former un immense clan, où malgré les personnalités de chacun, toutes plus fortes les unes que les autres, tout le monde avait vécu pour un même objectif, sans qu’aucun ne prenne le pas sur les autres et où un grand respect avait régné.

Le reste de l’histoire est censurée. Sachez seulement que cela dura plusieurs jours parce que, voyez vous, ils étaient tellement bien ensemble qu’ils avaient du mal à se quitter.

Leur aventure au complet devint une légende que les arrières petits enfants de leurs arrières petits enfants racontent encore à leurs arrières petits enfants. On appela ça : La Splendide et Mirifique Légende Des A.